104. Stefan Bauer a Primo Levi, 17 agosto 1980

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Nota al testo


Stefan Bauer, giovane studente neodiplomato, scrive di essere rimasto assai impressionato dalla lettura di Se questo Ăš un uomo e sottolinea la difficoltĂ , per i giovani tedeschi, di occuparsi del periodo nazista.

Dimanche le 17 Août 1980
Ă  Dieburg

 

 

M.
Primo Levi
CORSO RE Umberto, 75
3 – 10100 Torino

 

Cher M. Levi!

Je m’appĂšlle Stefan Bauer, j’ai 20 ans[1] et je viens de passer mon baccalaurĂ©at. En automne j’ai l’intention de commencer Ă  Ă©tudier les droits Ă  Francfort/M ou Ă  Berlin.

Il y a quelques mois j’ai trouvĂ© par hasard votre livre Se questo Ăš un uomo dans une librairie Ă  Francfort/M. (ma ville est situĂ©e en banlieue de Francfort/M.).

Je ne connais ni ce livre ni vous comme l’auteur. Avant votre livre j’avais lu un autre du sujet des KZ allemands et du fascisme allemand en gĂ©nĂ©ral. C’était Der SS-Staat, dont je ne connais pas le titre francais, de Eugen Kogon.[2] M. Kogon est allemand et il Ă©tait arrĂȘtĂ© par des nazis Ă  cause de son opinion politique. Il a survĂ©cu les tortures de Buchenwald et aprĂšs il a Ă©crit ce livre, d’abord comme une information pour les alliĂ©s. M. Kogon dĂ©crit dans ce livre surtout[3] l’organisation, l’administration et l’histoire de ce KZ.

Je considĂšre ce livre presque comme une documentation. On lit ce livre, on lit des tortures, on lit des criminels nazis, mais quand mĂȘme toutes ces choses restent impersonnelles, elles se tiennent au distance du lecteur. On ne peut guĂšre s’identifier avec les personnages du livre.

Et c’est exactement le point pourquoi votre livre m’a trĂšs impressionnĂ©.[4] Il est possible de s’identifier avec vous, avec vos tortures. Je sais que quelqu’un qui n’a pas soufert dans un KZ. N’a pas d’idĂ©e, ne peut pas avoir d’idĂ©e, qui est-ce que c’est. Je pense qu’il est impossible de s’imaginer comment un KZ fonctionnait.

Mais quand mĂȘme votre livre facilite de comprendre les relations et la “vie” (on ne peut guĂšre l’appeler vie?) dans ces camps de concentration.

J’étais trĂšs impressionnĂ© que vous avez Ă©crit Ă  la fin de ce livre que vous ne sentez pas la haĂźne envers les allemands. Je crois que c’était toujours trĂšs difficile pour vous.

Vous demandez dans votre livre aux jeunes allemands de vous Ă©crire ce qu’ils pensent de votre Ɠuvre pour que vous pouviez les mieux comprendre.

Je considĂšre ce livre comme trĂšs important.[5]

Il est un trĂšs bon livre pour tous les jeunes europĂ©ens. Moi, j’étais vraiment occupĂ© de ce que vous dĂ©crivez, je le lisait avec tout mon corps. Je suis sĂ»r que seulement une Europe unie peut nous[6] donner la garantie que personne ne recommencera un jour de bĂątir de nouveau des KZS. Il nous fait oublier tous les disputes nationals, mais nous ne devons jamais oublier que Auschwitz existait et qu’il Ă©tait bĂąti par des gens, par des ĂȘtres humains.

Je sais qu’on a fait beaucoup de fautes dans l’Europe et dans l’Allemagne aprĂšs-guĂšrre, je suis sĂ»r qu’on fera encore beaucoup de fautes, mais je sais que nous sommes sur le chemin juste. Je pense qu’il est plus difficile pour un jeune allemand que pour des jeunes des autres pays de s’occuper du temps nazi. Quand je lis des livres ou je vois des films sur ce sujet je sens toujours comme la Resistance contre les allemands, mon cƓur bat pour les partisans, les prisonnier.[7] Je les comprends. Mais je sais que ces soldats allemands et ces nazis sont mes pĂšres et mes grand-pĂšres.[8] C’est un sentiment trĂšs bizarre. Je ne sais pas qu’il est possible de comprendre ce que je voulais dire et expliquer dans cette lettre, mon français est souvent un peu chaotique. J’espĂšre que mes idĂ©es sont quand mĂȘme claires.[9]

Il me reste encore Ă  mentionner que vous recevriez plus de lettres des allemands quand vous donneriez votre adresse[10] Ă  la fin du livre. Moi je connais heureusement une fille trĂšs gentille de Turin, Mlle. Fiorella Bartoli qui me donnait votre adresse. C’est pourquoi je pouvais vous Ă©crire cette lettre.

Avec mes sentiments cordials

 

Stefan Bauer

 

Ps: studio anche l’italiano, ma non so ancora molto dire.

Domenica 17 agosto 1980
a Dieburg

 

Sig.
Primo Levi
CORSO RE Umberto, 75
3 – 10100 Torino 

 

Caro Sig. Levi!

Mi chiamo Stefan Bauer, ho 20 anni[1] e ho appena conseguito il diploma di maturitĂ . In autunno ho intenzione di cominciare a studiare legge a Francoforte sul Meno o a Berlino.

Pochi mesi fa ho trovato per caso il Suo libro Se questo ù un uomo in una libreria di Francoforte sul Meno (la mia cittadina si trova nell’area attorno a Francoforte).

Non conoscevo nĂ© il libro nĂ© Lei come autore. Prima del Suo, avevo letto un altro libro sul tema dei campi di concentramento tedeschi e del fascismo tedesco in generale. Era Lo stato-SS, di cui non conosco il titolo francese, di Eugen Kogon.[2] Il Sig. Kogon Ăš tedesco e i nazisti l’hanno arrestato a causa del suo credo politico. È sopravvissuto alle torture di Buchenwald e poi ha scritto questo libro, in primo luogo come informazione per gli alleati. Nel libro, il Sig. Kogon descrive soprattutto[3] l’organizzazione, l’amministrazione e la storia dei campi di concentramento.

Questo libro lo considero quasi come un documento. Lo leggiamo, leggiamo delle torture, leggiamo dei criminali nazisti, eppure sono tutte cose che restano impersonali, si tengono a distanza dal lettore. Non possiamo identificarci con i personaggi del libro.

Ed Ăš appunto per questo che il Suo libro mi ha impressionato molto.[4] Con Lei, con le Sue torture, Ăš possibile identificarsi. So che chi non ha sofferto in un campo di concentramento non ha un’idea, non puĂČ avere un’idea, di che cos’ù. Penso che sia impossibile immaginare come funzionava un campo di concentramento.

Ma fatto sta che il Suo libro aiuta a comprendere le relazioni e la «vita» (non possiamo chiamarla vita?) nei campi di concentramento.

Mi ha molto impressionato che alla fine del libro Lei ha scritto di non sentire l’odio verso i tedeschi. Credo sia stato sempre molto difficile per Lei.

Nel Suo libro chiede ai giovani tedeschi di scriverLe che cosa pensano della Sua opera, affinché Lei possa capirli meglio.

Considero questo libro molto importante.[5]

È un ottimo libro per tutti i giovani europei. Io ero davvero assorto in quello che descrive, lo leggevo con tutto il mio corpo. Sono certo che soltanto un’Europa unita possa darci[6] la garanzia che un giorno nessuno ricomincerà a costruire nuovi campi di concentramento. Ci fa dimenticare tutte le beghe nazionali, ma non dobbiamo mai dimenticare che Auschwitz esisteva e che l’hanno costruita delle persone, degli esseri umani.

So che sono stati commessi tanti errori nell’Europa e nella Germania postbelliche, sono certo che se ne faranno ancora tanti, ma so che siamo sulla strada giusta. Penso che occuparsi del tempo nazista sia piĂč difficile per un giovane tedesco che per i giovani di altri paesi. Quando leggo libri o vedo film su questo argomento, m’immedesimo sempre nella Resistenza antitedesca, il mio cuore batte per i partigiani, i prigionieri.[7] Li capisco. Ma so che quei soldati tedeschi e quei nazisti sono i miei padri e i miei nonni.[8] È un sentimento stranissimo. Non so se Ăš possibile comprendere che cosa volevo dire e spiegarlo in questa lettera, spesso il mio francese Ăš piuttosto caotico. Spero che le mie idee siano comunque chiare.[9]

Ho ancora da dirLe che riceverebbe piĂč lettere dai tedeschi se indicasse il Suo indirizzo[10] alla fine del libro. Io ho la fortuna di conoscere una ragazza molto gentile di Torino, la Signorina Fiorella Bartoli, che mi ha dato il Suo indirizzo. È cosĂŹ che ho potuto scriverLe questa lettera. 

Con i miei cordiali sentimenti 

 

Stefan Bauer

 

Ps: studio anche l’italiano, ma non so ancora molto dire.

Dimanche le 17 Août 1980
Ă  Dieburg

 

 

M.
Primo Levi
CORSO RE Umberto, 75
3 – 10100 Torino

 

Cher M. Levi!

Je m’appĂšlle Stefan Bauer, j’ai 20 ans[1] et je viens de passer mon baccalaurĂ©at. En automne j’ai l’intention de commencer Ă  Ă©tudier les droits Ă  Francfort/M ou Ă  Berlin.

Il y a quelques mois j’ai trouvĂ© par hasard votre livre Se questo Ăš un uomo dans une librairie Ă  Francfort/M. (ma ville est situĂ©e en banlieue de Francfort/M.).

Je ne connais ni ce livre ni vous comme l’auteur. Avant votre livre j’avais lu un autre du sujet des KZ allemands et du fascisme allemand en gĂ©nĂ©ral. C’était Der SS-Staat, dont je ne connais pas le titre francais, de Eugen Kogon.[2] M. Kogon est allemand et il Ă©tait arrĂȘtĂ© par des nazis Ă  cause de son opinion politique. Il a survĂ©cu les tortures de Buchenwald et aprĂšs il a Ă©crit ce livre, d’abord comme une information pour les alliĂ©s. M. Kogon dĂ©crit dans ce livre surtout[3] l’organisation, l’administration et l’histoire de ce KZ.

Je considĂšre ce livre presque comme une documentation. On lit ce livre, on lit des tortures, on lit des criminels nazis, mais quand mĂȘme toutes ces choses restent impersonnelles, elles se tiennent au distance du lecteur. On ne peut guĂšre s’identifier avec les personnages du livre.

Et c’est exactement le point pourquoi votre livre m’a trĂšs impressionnĂ©.[4] Il est possible de s’identifier avec vous, avec vos tortures. Je sais que quelqu’un qui n’a pas soufert dans un KZ. N’a pas d’idĂ©e, ne peut pas avoir d’idĂ©e, qui est-ce que c’est. Je pense qu’il est impossible de s’imaginer comment un KZ fonctionnait.

Mais quand mĂȘme votre livre facilite de comprendre les relations et la “vie” (on ne peut guĂšre l’appeler vie?) dans ces camps de concentration.

J’étais trĂšs impressionnĂ© que vous avez Ă©crit Ă  la fin de ce livre que vous ne sentez pas la haĂźne envers les allemands. Je crois que c’était toujours trĂšs difficile pour vous.

Vous demandez dans votre livre aux jeunes allemands de vous Ă©crire ce qu’ils pensent de votre Ɠuvre pour que vous pouviez les mieux comprendre.

Je considĂšre ce livre comme trĂšs important.[5]

Il est un trĂšs bon livre pour tous les jeunes europĂ©ens. Moi, j’étais vraiment occupĂ© de ce que vous dĂ©crivez, je le lisait avec tout mon corps. Je suis sĂ»r que seulement une Europe unie peut nous[6] donner la garantie que personne ne recommencera un jour de bĂątir de nouveau des KZS. Il nous fait oublier tous les disputes nationals, mais nous ne devons jamais oublier que Auschwitz existait et qu’il Ă©tait bĂąti par des gens, par des ĂȘtres humains.

Je sais qu’on a fait beaucoup de fautes dans l’Europe et dans l’Allemagne aprĂšs-guĂšrre, je suis sĂ»r qu’on fera encore beaucoup de fautes, mais je sais que nous sommes sur le chemin juste. Je pense qu’il est plus difficile pour un jeune allemand que pour des jeunes des autres pays de s’occuper du temps nazi. Quand je lis des livres ou je vois des films sur ce sujet je sens toujours comme la Resistance contre les allemands, mon cƓur bat pour les partisans, les prisonnier.[7] Je les comprends. Mais je sais que ces soldats allemands et ces nazis sont mes pĂšres et mes grand-pĂšres.[8] C’est un sentiment trĂšs bizarre. Je ne sais pas qu’il est possible de comprendre ce que je voulais dire et expliquer dans cette lettre, mon français est souvent un peu chaotique. J’espĂšre que mes idĂ©es sont quand mĂȘme claires.[9]

Il me reste encore Ă  mentionner que vous recevriez plus de lettres des allemands quand vous donneriez votre adresse[10] Ă  la fin du livre. Moi je connais heureusement une fille trĂšs gentille de Turin, Mlle. Fiorella Bartoli qui me donnait votre adresse. C’est pourquoi je pouvais vous Ă©crire cette lettre.

Avec mes sentiments cordials

 

Stefan Bauer

 

Ps: studio anche l’italiano, ma non so ancora molto dire.

Domenica 17 agosto 1980
a Dieburg

 

Sig.
Primo Levi
CORSO RE Umberto, 75
3 – 10100 Torino 

 

Caro Sig. Levi!

Mi chiamo Stefan Bauer, ho 20 anni[1] e ho appena conseguito il diploma di maturitĂ . In autunno ho intenzione di cominciare a studiare legge a Francoforte sul Meno o a Berlino.

Pochi mesi fa ho trovato per caso il Suo libro Se questo ù un uomo in una libreria di Francoforte sul Meno (la mia cittadina si trova nell’area attorno a Francoforte).

Non conoscevo nĂ© il libro nĂ© Lei come autore. Prima del Suo, avevo letto un altro libro sul tema dei campi di concentramento tedeschi e del fascismo tedesco in generale. Era Lo stato-SS, di cui non conosco il titolo francese, di Eugen Kogon.[2] Il Sig. Kogon Ăš tedesco e i nazisti l’hanno arrestato a causa del suo credo politico. È sopravvissuto alle torture di Buchenwald e poi ha scritto questo libro, in primo luogo come informazione per gli alleati. Nel libro, il Sig. Kogon descrive soprattutto[3] l’organizzazione, l’amministrazione e la storia dei campi di concentramento.

Questo libro lo considero quasi come un documento. Lo leggiamo, leggiamo delle torture, leggiamo dei criminali nazisti, eppure sono tutte cose che restano impersonali, si tengono a distanza dal lettore. Non possiamo identificarci con i personaggi del libro.

Ed Ăš appunto per questo che il Suo libro mi ha impressionato molto.[4] Con Lei, con le Sue torture, Ăš possibile identificarsi. So che chi non ha sofferto in un campo di concentramento non ha un’idea, non puĂČ avere un’idea, di che cos’ù. Penso che sia impossibile immaginare come funzionava un campo di concentramento.

Ma fatto sta che il Suo libro aiuta a comprendere le relazioni e la «vita» (non possiamo chiamarla vita?) nei campi di concentramento.

Mi ha molto impressionato che alla fine del libro Lei ha scritto di non sentire l’odio verso i tedeschi. Credo sia stato sempre molto difficile per Lei.

Nel Suo libro chiede ai giovani tedeschi di scriverLe che cosa pensano della Sua opera, affinché Lei possa capirli meglio.

Considero questo libro molto importante.[5]

È un ottimo libro per tutti i giovani europei. Io ero davvero assorto in quello che descrive, lo leggevo con tutto il mio corpo. Sono certo che soltanto un’Europa unita possa darci[6] la garanzia che un giorno nessuno ricomincerà a costruire nuovi campi di concentramento. Ci fa dimenticare tutte le beghe nazionali, ma non dobbiamo mai dimenticare che Auschwitz esisteva e che l’hanno costruita delle persone, degli esseri umani.

So che sono stati commessi tanti errori nell’Europa e nella Germania postbelliche, sono certo che se ne faranno ancora tanti, ma so che siamo sulla strada giusta. Penso che occuparsi del tempo nazista sia piĂč difficile per un giovane tedesco che per i giovani di altri paesi. Quando leggo libri o vedo film su questo argomento, m’immedesimo sempre nella Resistenza antitedesca, il mio cuore batte per i partigiani, i prigionieri.[7] Li capisco. Ma so che quei soldati tedeschi e quei nazisti sono i miei padri e i miei nonni.[8] È un sentimento stranissimo. Non so se Ăš possibile comprendere che cosa volevo dire e spiegarlo in questa lettera, spesso il mio francese Ăš piuttosto caotico. Spero che le mie idee siano comunque chiare.[9]

Ho ancora da dirLe che riceverebbe piĂč lettere dai tedeschi se indicasse il Suo indirizzo[10] alla fine del libro. Io ho la fortuna di conoscere una ragazza molto gentile di Torino, la Signorina Fiorella Bartoli, che mi ha dato il Suo indirizzo. È cosĂŹ che ho potuto scriverLe questa lettera. 

Con i miei cordiali sentimenti 

 

Stefan Bauer

 

Ps: studio anche l’italiano, ma non so ancora molto dire.


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